Problématique

Comment les états internes du corps façonnent-ils nos pensées, nos décisions et notre sentiment de soi ? Si les cadres de la cognition incarnée ont souligné l’importance de l’intéroception, les mécanismes neuronaux à l’échelle des circuits qui relient les états viscéraux au contrôle cognitif restent mal connus.

Objectifs et méthodes du projet

Ce projet comble cette lacune en étudiant comment l’insula antérieure (AI) intègre les signaux intéroceptifs pour moduler le contrôle cognitif via ses interactions avec le cortex préfrontal (PFC).

Nous combinons l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) laminaire ultra-haut champ chez l’humain à 9,4 Tesla, l’imagerie de diffusion et l’apprentissage automatique avec des outils causaux à l’échelle des circuits chez le rongeur — notamment l’optogénétique, le marquage d’activité et la photométrie par fibre optique — afin de cartographier la structure laminaire, la directionnalité et la pertinence fonctionnelle des voies AI–PFC dans des conditions de demande intéroceptive.

Le plan d’étude inter-espèces est explicitement bidirectionnel : les résultats invasifs chez le rongeur génèrent des hypothèses mécanistes sur la fonction et la directionnalité des circuits qui orientent les analyses humaines, tandis que les résultats humains éclairent la pertinence et la généralisabilité des modèles chez le rongeur.

Interdisciplinarité et impact

Cette intégration interdisciplinaire des neurosciences des systèmes, de la psychologie cognitive, de l’imagerie humaine ultra-haut champ, des développements en physique de la RM et de la pertinence clinique établit un cadre inédit pour comprendre le couplage intéroceptif-cognitif à travers les espèces et les échelles, avec des implications pour l’anxiété, la dépression et les troubles à symptomatologie somatique.